Vous les connaissez ? Le salaire et la retraite des ministres.

Les ministres, qui font partie du gouvernement, sont désignés par le Président de la République sur proposition du Premier ministre. Chacun d’entre eux est à la tête d’un département ou d’un ministère correspondant à leurs expériences, compétences et qualifications. Ils disposent tous d’un certain salaire durant l’exercice de leurs fonctions et bénéficient de quelques avantages à la fin de leur carrière. Point sur la rémunération et la retraite des ministres et anciens ministres.

Quelles sont les missions du ministre ?

Plusieurs missions sont attribuées à un ministre lorsqu’il est désigné pour diriger un département. En gros, ses tâches se divisent en deux : administratives et politiques.  Elles sont définies par un décret d’attribution. 

Salaire et retraite des ministres
Les ministres du gouvernement Philippe Edouard.

Les fonctions d’ordre administratif consistent à diriger un département ministériel. Le supérieur hiérarchique est le premier responsable de tout ce qui se passe dans ce domaine. Sa validation est fondamentale avant que ses subordonnés ne réalisent ou accordent un projet.  

Travaillant pour l’Etat, le ministre prend en charge et contrôle tous les établissements publics en relation avec son ministère.

Il est partiellement impliqué dans la politique. Les rares fois où il partage ses avis ou élabore des stratégies en relation avec ce sujet, c’est lors du Conseil des ministres. Cette réunion collégiale réunit ces derniers pour discuter des actes du pouvoir exécutif. Elle se tient hebdomadairement.

Cette personne décrète uniquement les lois et les normes au sein de son ministère. Autrement dit, il ne modifie pas le pouvoir réglementaire. Seul le Premier ministre a la possibilité de l’effectuer sauf s’il attribue cette fonction à l’un de ses subordonnés.  

Tout ministre est dans l’obligation de déclarer son patrimoine au début de ses fonctions à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique ou HATPV dans le but de garantir la transparence et de conserver la stabilité gouvernementale.

Quelles sont les conditions à remplir pour être ministrable ?

Le président de la République et le premier ministre collaborent pour trouver la personne la plus adaptée au poste de ministre. Ils sont dans l’obligation de respecter des critères notamment la parité, la société dont le candidat est issu et les minorités. Le premier implique que le gouvernement ne doit pas seulement comprendre des hommes mais également des femmes. Le parcours scolaire tient également une place importante dans cette quête. 

Quelle formation privilégier ?

Le cursus des ministres ayant travaillé pour l’Etat français depuis le 1er janvier 2000 a fait l’objet d’une étude ayant pour but d’identifier certaines généralités. Dans ce cadre, les dossiers d’environ 190 personnes ont été analysés. Deux tiers d’entre elles ont suivi des formations professionnelles dans le domaine du droit et de la science politique. Ils ont notamment étudié à Science Po Paris et à l’ENA ou Ecole Nationale d’Administration. A titre d’information, de grands noms de la politique comme Lionel Jospin, Alain Juppé, Laurent Fabius ou encore Emmanuel Macron ont fréquenté ces deux institutions.

D’autres affichent un cursus universitaire dans le domaine des sciences économiques et de la littérature. Un ancien dirigeant sur dix a effectué ce parcours. Environ 7 % ont opté pour l’histoire et la géographie tandis que 3 % se sont orientés vers la Polytechnique.  

Environ 6 % ont choisi les écoles prestigieuses de commerce comme le HEC ou Hautes Etudes Commerciales, ESCP et ESSEC. Environ 6 % se sont arrêtés au bac tandis que certains ont un niveau d’étude inférieur.

Cette étude a mis en avant un lien entre étiquette politique et cursus scolaire. Effectivement, beaucoup de ministres du gauche ont opté pour les sciences humaines durant leur formation. Tandis que leurs homologues de la droite se sont surtout orientés vers le commerce, ingénierie et médecine. Faire de la Science politique reste le moyen qui semble le plus « efficace » pour augmenter ses chances de devenir ministre. 

Salaire et retraite des ministres
Un conseil des ministres.

Quels sont les conditions à remplir pour devenir ministre ?

Un certain nombre de conditions doivent être respectées pour devenir ministre. Depuis la Ve République, les fonctions ministérielles ne peuvent pas être exercées en même temps qu’un mandat parlementaire. La stabilité ministérielle doit, en effet, être protégée. Implicitement, un membre du gouvernement pourrait alors récupérer son poste dans le mandat parlementaire dans le cas où il démissionne de son poste au sein du Gouvernement. Ce qui ne fait que souligner l’incompatibilité des deux fonctions.

Voici la liste des Conseils auquel il ne peut pas devenir membre :

  • Conseil constitutionnel ;
  • Conseil économique, social et environnemental ;
  • Conseil supérieur de l’audiovisuel.

Cette personne ne doit plus effectuer une autre activité professionnelle afin d’éviter tout conflit d’intérêt.

Combien gagne chaque ministre ?

Quel salaire ?

La rémunération de tous les ministres (et des ministres délégués) est la même, mais pouvant faire l’objet d’ajustements au fil des années.

Fin 2018, celui-ci se chiffrait à 9 940 euros bruts, incluant les indemnités (fonctions, résidence, indemnités de base). A souligner que le Premier Ministre bénéficie d’un traitement plus favorable : 14 910 euros par mois.

En 2019, ce salaire passe à 10 135 euros bruts par mois pour les ministres. Le Premier Ministre a droit à 15 203 € bruts par mois.

Les avantages autres que la rémunération financière

Les ministres bénéficient de divers avantages en plus de leur salaire. Pendant la durée de leur mandat, ils ont droit à un logement de fonction appartenant à l’Etat. Dans certains cas, une résidence dans le parc privé peut leur être attribuée, notamment si le logement dans le parc domanial ne convient pas à leur famille.

L’ensemble de leurs déplacements sont payés par l’Etat. Ainsi, ils ont droit à une voiture avec chauffeur. Leur accès au réseau de la SNCF est gratuit. Ils ont la possibilité de prendre le transport autant de fois qu’ils veulent en première classe. Les voyages par la voie des airs sont également couverts.

L’Etat met un certain nombre de gardes du corps à disposition des ministres pour garantir leur sécurité lors des déplacements. Tout dépend de l’importance du ministère dont ils sont en charge.

Les appels téléphoniques et les dépenses postales sont compris dans les avantages.

Que devient un ministre à la retraite ?

La retraite pour un ministre n’implique pas de réels avantages ou rémunérations spécifiques. En tout cas, ses déplacements ne sont plus pris en charge. Il en est de même pour le logement de fonction. Ce dernier est directement repris par son successeur.

Pour sa part, un ancien Premier Ministre n’a pas droit à une retraite à vie. En revanche, il hérite d’une voiture avec chauffeur pour le restant de ses jours. De même qu’un assistant personnel. Il lui est également possible d’exiger un bureau et une protection policière s’il le souhaite.

Salaire et retraite des ministres
Les ministres avec le premier ministre et le président de la République.

Combien gagne-t-il ?

L’Etat continue à attribuer une rémunération à un ministre lorsqu’il est destitué, mais seulement pendant un temps déterminé. Si auparavant, il touchait le montant correspondant pendant une durée de six mois, il le reçoit durant seulement trois mois depuis 2013. La somme ainsi encaissée équivaut à son salaire intégral lorsqu’il était encore en fonction.

A noter que ce droit entre en vigueur uniquement dans le cas où l’ancien ministre a entrepris une déclaration de son patrimoine dans les règles. Par ailleurs, il ne doit pas exercer d’activité rémunérée durant cette période.

Concernant la retraite proprement dite, les anciens membres du gouvernement n’ont pas droit à une caisse de retraite spéciale. Comme chaque Français, ils versent des cotisations en vue de la retraite à la CNAV ou Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse et à l’IRCANTEC ou Institution de retraite complémentaire des agents non-titulaires de l’Etat et des collectivités publiques.

Voilà donc un tour d’horizon sur les rémunérations des ministres qui sont les mêmes pour ceux qui ont été désignés pendant le même mandat, exception faite du Premier Ministre. Une fois qu’ils ont « terminé » leurs missions au sein du gouvernement, l’on peut dire qu’ils reviennent à la vie « normale ». Percevant des salaires correspondant à leurs activités et cotisant régulièrement pour une retraite bien méritée.

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